Bonjour
Suite au débat du 15 septembre, voici mes impressions et réflexions quant aux différents candidats à la primaire socialiste.
Tout d'abord, j'ai trouvé le débat de bonne tenue, où les interlocuteurs s'écoutaient et se respectaient et respectaient le spectateur par la même occasion. En effet, lors de cette soirée, point de combat de coqs, de batailles de chiffonniers ... à quelques exceptions près néanmoins.
F. Hollande a essayé de se composer un personnage ferme, autoritaire mais ce qui est ressorti, c'est une impression de faux, et d'agressivité vis-à-vis des journalistes. De plus, il a l'air extrêmement mal à l'aise dès lors qu'il s'agit de débattre dans la profondeur. La façade se craquelle, le sourire devient faux et tout en dents, le regard est fuyant.
A. Montebourg nous l'a jouée Mélenchon dans les propos, le regard poseur et séducteur. E. Valls, l'oreille droite en bataille a été fidèle à lui-même, incarnant l'aile droite du PS. S. Royal était complètement absente et apparaissait stressée.
M. Aubry, elle, s'est considérablement distinguée des autres. Avec elle, point de jeu, point de séduction. Voilà une personne qui parle avec sensibilité du fond des choses. Elle accepte la complexité lorsqu'elle dissocie son appréciation personnelle du comportement de DSK - sujet privé- de sa défense, celle d 'un ami accusé injustement de viol. Solide, elle nous a montré tout au long de la soirée la cohérence de son projet. J'avais l'impression, en la regardant, de voir la personne telle qu'elle est, et non quelque chose de récité, d'appris et de travaillé avec une équipe de communicants. J'ai aimé l'usage du "nous", au début de son intervention, qui loin d'être synonyme d'indécision, traduit son souci de rassembler et de travailler avec les autres. Et puis qu'on arrête de nous bassiner avec le pacte qu'elle a conclu avec DSK, qui serait signe d'un manque de détermination de sa part! Je ne comprends pas cette logique. Ce qui compte, c'est qu'elle soit candidate aujourd'hui. Et si elle l'est, c'est parce qu'elle en a envie et parce qu'elle se sent prête. Oui la situation n'a pas été évidente pour elle, oui elle a su faire preuve de fidélité en amitié et de décence en retardant au maximum sa déclaration suite à l'affaire DSK, et alors? C'est tout à son mérite d'avoir su traverser ces turbulences en restant elle-même et en portant aujourd'hui son projet avec conviction et envie de gagner.
Et son projet repose sur la conviction profonde de la nécessité de changer les états d'esprit avec le souci de rendre les français libres: Libres de penser grâce à l'accent mis sur la culture, libres de ressentir par le développement des activités artistiques, libres d'être au lieu d'avoir en réduisant la dépendance vis à vis de la société de consommation (par ex en poussant un modèle énergétique basé sur la modération et les énergies renouvelables). Et c'est dans la liberté que la France s'est toujours illustrée dans ses grandes conquêtes sociales. Au lieu de miser sur une révolution des peuples, M. Aubry prend une approche en finesse, en sensibilité et finalement en respect des autres. C'est cela, cette culture, cet humanisme, au delà de son expérience, qui la distinguent des autres. Et celà, on l'a ou on ne l'a pas, cela fait partie du patrimoine familial et de son identité propre. On ne l'acquiert pas à coups de petites phrases, de training en communication. Puissent les français recevoir avec leur coeur - et pas uniquement avec la tête - ce projet de société que M. Aubry porte. Puissent-ils se départir d'une presse toute acquise à F. Hollande, de ces journalistes qui ne valorisent que la superficialité et qui se laissent séduire plutôt que convaincre dans leur âme et conscience. Je pense, j'espère les Français prêts à accueillir avec sensibilité et vulnérabilité la candidature de M. Aubry.
A bientôt
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